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3 questions à une locataire adepte du compostage

Rencontre • 14 janvier 2022

Il est nécessaire de questionner son impact sur l’environnement et de repenser ses modes de consommation. Une dizaine de locataires de la résidence Balguerie l’a fait !

Le compost est aujourd’hui une bonne alternative pour réduire ses déchets. Bordeaux Métropole, chargée de la gestion de nos déchets propose un accompagnement au compostage partagé. En accord avec la loi de transition énergétique pour la croissance verte, le tri à la source des biodéchets sera obligatoire pour les ménages en 2025. C’est pourquoi inCité en tant que bailleur social encourage ses locataires à bénéficier de cet accompagnement gratuit et accessible à tous.

Gageons que cette première expérience donnera envie à de nombreux ménages de se mettre eux aussi au compost ! Direction la résidence Balguerie à Bordeaux où 3 bacs à compostage collectif sont installés depuis octobre dernier. inCité est allée à la rencontre de Laurence Bonnefous, une des locataires à l’origine de cette initiative.

Quelle a été votre motivation pour installer un compost collectif au sein de votre résidence ? Qu’est-ce-qui vous a poussé à agir ?

“Je suis engagée dans l’écologie depuis pas mal d’années. J’essaie vraiment de réduire mon impact environnemental en limitant mes déchets et en utilisant le plus possible mon vélo.
Lorsque j’ai commencé le compost, j’utilisais celui du centre social du Grand Parc. J’arrivais avec mon vélo et mon bio seau ce qui m’a par la suite, donné l’envie d’installer un compost dans ma résidence.
Je voulais initier mes voisins à une démarche plus respectueuse de l’environnement et les fédérer autour d’un projet commun, créer du lien social…
Je me suis donc inscrite au sein du compost collectif de la place Saint-Martial qui était plus près de chez moi que celui du Grand Parc. J’ai attendu qu’une place se libère et j’ai pris le temps de rencontrer les responsables de cet emplacement qui m’ont expliqué la procédure.
C’est alors que j’ai demandé l’autorisation à inCité d’installer dans la résidence des bacs de compost. J’ai tout de suite eu leur accord alors je suis partie mobiliser mon voisinage et créer un dossier auprès de Bordeaux Métropole.”


Expliquez-nous comment vous avez mis en place concrètement ces 3 bacs à compost ? Avez-vous été accompagnés ?

“Nous avons dû faire la démarche auprès de Bordeaux Métropole.
Dans un dossier téléchargeable sur leur site internet, il faut remplir plusieurs conditions : tout d’abord, avoir l’accord de son bailleur ici inCité ou de la copropriété, avoir au moins 5 personnes ou ménage de la résidence volontaires pour s’inscrire et désigner des référents.
Et c’est mieux d’en avoir plusieurs car lorsque je suis absente, quelqu’un d’autre peut prendre le relai. Une des premières missions du référent est de suivre les formations proposées par Bordeaux Métropole sur les usages et l’entretien des bacs à compost. Comme j’étais déjà familiarisée à la démarche grâce à celui de la place Saint-Martial, je n’ai pas eu besoin de suivre la formation.
Dès que l’on a réuni ces conditions, on a déposé notre dossier qui a été validé au bout de 2 à 3 semaines. J’ai en suivant rencontré l’animateur de Bordeaux Métropole : il a étudié avec moi l’endroit où l’on pouvait mettre les bacs.

J’ai invité les résidents à réfléchir avec nous car je voulais que cette décision soit prise par l’ensemble du collectif. Nous avons choisi un emplacement à l’ombre, c’est mieux car le compost doit toujours rester un peu humide. Vu que l’endroit n’était pas très entretenu, il a fallu le nettoyer.
Nous nous sommes donc retrouvés un dimanche matin, on a pris un petit déjeuner ensemble et on a nettoyé l’espace, c’était un moment très sympa !
Puis, nous avons reçu les bacs de compost, l’animateur les a installés et il nous a fourni les bio seaux. Les personnes de la résidence qui n’avaient pas forcément suivi les évènements précédents nous ont rejoints. Finalement, 7 à 8 personnes sont reparties avec un bio seau. Ça a été le début de l’aventure, c’est parti doucement et petit à petit ça a vraiment bien pris…”

Un peu plus de 2 mois après son installation, quels sont vos premiers retours, cela fonctionne-t-il ?

“Oui ça fonctionne très bien, il y a un fort engouement autour du compost partagé. Bon, on observe quelques petites erreurs liées peut-être au manque de connaissance, nous n’en sommes qu’au début. On retrouve par exemple dans le compost des étiquettes qu’il y a sur certains fruits mais celles-ci ne sont pas biodégradables. On peut constater aussi que certains aliments ne sont pas assez réduits en petit bouts alors que pour qu’ils se décomposent bien, il faut aider la nature en les broyant. Et nous avons aussi retrouvé des déchets alimentaires versés dans le bac prévu uniquement pour la matière brune.
Dans la résidence nous avons 3 bacs à compost, le premier est pour la matière brune (copeaux de bois, feuilles mortes, branchages) destinée à alimenter le deuxième bac de compost. Le deuxième bac accueille lui, nos déchets alimentaires biodégradables que l’on met dans le bio seau. On recouvre environ 40% du compost avec de la matière brune. Le troisième, c’est le bac de maturation. Dans le courant du mois de Janvier, nous voyons pour la deuxième fois l’animateur : on va vider le bac de compost, l’étaler et regarder ensemble les erreurs. On le débarrassera des petites choses qui ne sont pas biodégradables et on le versera dans le bac de maturation. On ne touchera plus à rien et on laissera faire la nature !
La matière va diminuer au fur et à mesure : il faudra compter entre 6 à 8 mois pour récupérer ce terreau naturel et nourrir avec, nos plantes.
Cet accompagnement de Bordeaux Métropole a pour but de nous aider à devenir autonomes. Le référent de la résidence lui est là pour contrôler régulièrement les bacs.
On a également mis à notre disposition quelques outils : une griffe de jardinage, une pelle, une bêche, un râteau et une coupelle pour récupérer le broyat. J’ai fait une demande auprès d’inCité par le biais de Madame Zaka avec qui j’ai de bonnes relations pour savoir si notre bailleur pouvait nous apporter une aide financière de 50 euros pour s’outiller et cela a été accepté. Les outils aujourd’hui appartiennent au collectif de la résidence et ils seront stockés dans le local du gardien qui a donné son accord. De même pour les tables et les chaises, à chaque fois qu’on en aura l’occasion, nous organiserons un moment convivial autour du compost.”

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